L'El Mina n'est pas la plus belle épave de la mer Rouge, ni la plus célèbre. Mais c'est un vrai navire de guerre coulé dans un vrai combat, à vingt minutes du marina de Hurghada, à des profondeurs que tout plongeur AOW peut gérer. Pour la plupart des visiteurs de Hurghada, c'est leur première vraie plongée profonde sur épave — et une plongée mémorable.

L'histoire — comment elle a coulé

L'El Mina (parfois orthographiée El Minya) était un dragueur de mines de classe T43, construit en Union soviétique et transféré à la Marine égyptienne dans les années 1950 lors du partenariat militaire du président Nasser avec l'URSS. La proue à profil brise-glace trahit ses origines soviétiques pour quiconque y regarde de près — ces navires étaient conçus pour les mers froides du nord, pas pour la mer Rouge.

Elle fut coulée en 1970 pendant la Guerre d'Usure — la période de conflit militaire de faible intensité mais persistant entre l'Égypte et Israël qui suivit la Guerre des Six Jours de 1967. Des avions israéliens attaquèrent des actifs navals égyptiens dans le port de Hurghada ; l'El Mina fut touchée, son équipage évacua et elle coula sans victimes. Le trou d'explosion sur le côté tribord à la proue est la cicatrice visible de cette frappe.

Certaines sources indiquent 1969 plutôt que 1970 pour le naufrage ; la date exacte est débattue. Ce qui ne l'est pas : elle repose aujourd'hui comme un morceau tangible de l'histoire moderne du Moyen-Orient — un vrai navire de guerre, coulé dans un vrai conflit, aujourd'hui peuplé de poissons de verre et de rascasses.

Le site en un coup d'œil

L'El Mina repose sur son flanc tribord sur un fond rocheux-sablonneux, orientée nord-ouest/sud-est. Le point le plus haut de la coque (actuellement le côté bâbord, tourné vers le haut) est à 25 m ; la poupe atteint 32 m. L'épave est largement intacte — passerelle, supports de canons anti-aériens, hélices, le trou d'explosion — tout visible sans entrer dans l'épave.

Mise en garde sur la visibilité : la visibilité de l'El Mina est constamment inférieure à celle des récifs offshore de Hurghada. Comptez 10–20 m plutôt que les 30–40 m que vous obtiendriez à Police Station ou Carless. La proximité du port, le fond rocheux-sablonneux et le trafic nautique remuent les sédiments. Ce n'est pas un défaut — c'est la nature du site. Apportez une lampe torche puissante si vous en avez une.

Courants : généralement faibles mais peuvent s'intensifier depuis le nord. L'épave offre un abri naturel — si le courant monte, votre guide dirigera le groupe côté sous-le-vent. L'El Mina est en fait une alternative par mauvais temps populaire quand les sites offshore sont balayés par le vent.

Le plan de plongée — de la proue à la poupe

Le plan de plongée Aquarius standard commence au point le plus profond et remonte progressivement au fur et à mesure de la consommation du gaz. La durée totale de plongée est généralement de 30 à 40 minutes étant donné la profondeur.

La descente

La plupart des opérateurs (dont nous) fixent une ligne de bouée permanente à la poupe. Les plongeurs sautent du bateau, nagent jusqu'à la bouée et descendent main après main le long de la ligne. C'est l'approche la plus sûre en courant et évite tout risque de dépasser l'épave. La ligne émerge du bleu et la silhouette du navire se matérialise vers 15–20 m — l'une des descentes les plus dramatiques de la plongée à Hurghada.

La poupe (32 m)

On arrive à la section la plus profonde. Les deux hélices et le gouvernail sont intacts et clairement visibles — un superbe sujet photo compte tenu de l'échelle du navire. Les supports de canons anti-aériens sont toujours en place sur le pont arrière, cisaillés mais reconnaissables comme armes.

Mi-navire et la passerelle (28 m)

En avançant le long du côté supérieur (maintenant bâbord) de la coque, on atteint la superstructure de la passerelle. La passerelle elle-même est bien visible de l'extérieur. Des poissons de verre essaiment dans les espaces protégés, avec des rascasses et des carangues qui les chassent en passes lentes et méthodiques.

Le trou d'explosion et la proue (25 m)

La section la plus évocatrice de la plongée. Les dégâts causés par la bombe sur la proue tribord sont spectaculaires — métal tordu, bords déchiquetés, une cause de mort visible des décennies plus tard. C'est la seule zone propice à une brève pénétration récréative : regarder à l'intérieur par le trou d'explosion, voir l'abri qu'utilisent les poissons de verre, mais ne pas s'aventurer plus loin dans le navire sans formation épave appropriée.

La remontée

Retourner à la ligne de bouée à la poupe. Palier de sécurité de trois minutes à 5 m. Remonter en surface, signaler le bateau, remonter à bord.

Séquences de la plongée sur l'épave El Mina — dragueur de mines égyptien à 25–32 m au large du marina de Hurghada.

Vie marine sur l'épave

L'El Mina n'est pas richement incrustée de coraux — la profondeur, la relative récence du naufrage (50+ ans) et les sédiments limitent la croissance corallienne. Mais l'épave est devenue un récif artificiel florissant, attirant des poissons qui préfèrent la structure au récif ouvert.

Poissons de verre : d'immenses bancs s'abritent à l'intérieur de la passerelle, dans le trou d'explosion et dans la superstructure avant. La façon dont le banc s'écarte et se reforme autour des plongeurs est la signature visuelle de toute plongée El Mina.

Rascasses volantes : la population de rascasses de l'épave est inhabituellement dense — elles chassent les poissons de verre méthodiquement, planant aux bords des bancs et saisissant les individus un à un. Les photographes adorent les clichés qui en résultent.

Scorpènes et poissons-pierres : camouflés sur la coque et les rochers environnants. Regarder sans toucher — et faire attention où on pose les mains. Les piqûres de poisson-pierre sont vraiment dangereuses et nécessitent une attention médicale immédiate.

Nudibranches : présences lentes mais régulières. La danseuse espagnole (Hexabranchus sanguineus) apparaît lors des plongées de nuit sur l'El Mina.

Bannerfish, fusiliers et poissons-licorne patrouillent les eaux ouvertes environnantes. Murènes occasionnelles dans l'épave. Des obus de munitions reposent sur le fond marin — intéressants à voir, mais ne jamais toucher ni tenter de déplacer quoi que ce soit ressemblant à du matériel militaire.

En combinaison avec la Hassabella

La plupart des sorties Aquarius El Mina comprennent une deuxième plongée, soit de nouveau sur l'El Mina, soit sur l'épave voisine de la Hassabella — un petit chalutier de pêche coulé à environ cinq minutes de nage de l'El Mina. Les plongeurs expérimentés avec une bonne consommation d'air peuvent parfois relier les deux en une seule plongée si les conditions le permettent.

La Hassabella est à un 22–28 m légèrement plus faible, moins imposante que l'El Mina, mais offre une vie marine différente et un sujet moins photographié. Pour les plongeurs axés sur les épaves, faire les deux en une journée est une utilisation intéressante d'une visite à Hurghada.

El Mina vs Thistlegorm — laquelle choisir ?

Si vous êtes un plongeur passionné d'épaves en visite à Hurghada et que vous devez choisir entre l'El Mina et une longue excursion au Thistlegorm, voici la comparaison honnête :

El MinaThistlegorm
Longueur~70 m126 m
Profondeur25–32 m16–32 m
Temps de bateau20 min3–4 h dans chaque sens
CargaisonÉquipement militaire, canons AACamions WWII, motos, locomotives, fusils
Visibilité10–20 m15–25 m
Périmètre de pénétrationLimité (trou d'explosion uniquement)Plusieurs cales (récréatif)
Temps sur site30–40 min au total2 plongées, journée complète
CoûtTarif plongée épave standard~3x tarif journalier standard

Réponse honnête : si c'est votre seule occasion, le Thistlegorm est la plongée la plus célèbre et la plus photogénique. Ses cales sont uniques au monde. Mais si vous avez déjà plongé le Thistlegorm, ou si vous n'avez qu'une demi-journée, l'El Mina est une vraie plongée épave qui mérite sa place dans votre carnet. Considérez-la comme l'épave locale de Hurghada — pas la tête d'affiche, mais une vraie plongée à prendre au sérieux.

Erreurs courantes

  • Réserver l'El Mina avec un plongeur non AOW dans le groupe. La profondeur de l'épave n'est pas négociable. Les opérateurs qui emmènent des plongeurs Open Water sur l'El Mina prennent des raccourcis — trouvez-en un autre.
  • Sous-estimer la gestion des gaz. 30+ m brûle l'air plus vite que la plongée récifale. Respectez votre plan de gaz. Surveillez votre manomètre. Gardez de l'air pour la remontée sur la ligne de bouée.
  • Toucher quoi que ce soit ressemblant à des munitions. De vrais obus reposent sur le fond marin autour de l'épave. Ils sont hautement instables après 55 ans sous l'eau. Regarder, photographier, ne pas toucher.
  • Tenter de pénétrer au-delà du trou d'explosion. L'intérieur est un enchevêtrement de câbles, de métal déchiqueté et de vase. La pénétration récréative se limite au trou d'explosion. Au-delà, il faut une formation épave, un gaz redondant et un filin.
  • Sauter le briefing historique. L'El Mina sans contexte est une coque rouillée. Avec le contexte, c'est un morceau tangible de l'histoire des conflits au Moyen-Orient. Insistez pour que votre guide vous raconte l'histoire avant la plongée.
  • Emporter un grand-angle mais pas de lampe. La visibilité et la profondeur de l'El Mina rendent la lumière ambiante insuffisante. Une lampe torche ou un strobe transforme les photos.

Comment réserver

Aquarius Hurghada organise des plongées épave El Mina quotidiennes depuis notre base marina. Package standard : deux plongées (El Mina + Hassabella ou un site récifal séparé), guide, blocs, lests, boissons soft et déjeuner à bord. Location d'équipement disponible pour les plongeurs sans le leur.

Prérequis : brevet Advanced Open Water ou équivalent, carnet de plongée montrant au moins une plongée dans les 12 derniers mois. Si votre dernière plongée date de plus longtemps, nous programmerons une plongée de recyclage sur notre récif maison avant de planifier l'El Mina.

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